Vous avez sans doute déjà votre chanson en tête. Celle de la voiture, celle d’un soir, celle que vous voulez entendre en entrant sur la piste devant tout le monde.
Et c’est très bien ainsi : la chanson d’abord, la danse ensuite. Presque tous les couples que nous préparons arrivent avec un titre auquel ils tiennent, et nous n’avons aucune envie de le leur faire changer.
Reste à savoir ce qu’il permet de danser. C’est la toute première chose que nous regardons ensemble quand vous venez préparer votre ouverture de bal de mariage, avant même d’avoir fait un pas.
Trois temps ou quatre temps : la question qui décide de tout
Une seule écoute suffit, et vous pouvez la faire ce soir.
Mettez votre chanson et comptez à voix basse en même temps qu’elle. Si vous tombez naturellement sur « un, deux, trois, un, deux, trois », vous tenez une valse, et vous n’avez pas d’autre choix à faire : c’est la mesure à trois temps, et seule la famille des valses s’y pose.
Si vous comptez « un, deux, trois, quatre », vous êtes dans une mesure à quatre temps, et là tout devient possible : le slow, la rumba, le tcha-tcha, le rock. C’est le cas de l’immense majorité des chansons, et c’est plutôt une bonne nouvelle, parce que le choix se fera alors sur le caractère du morceau et sur le vôtre.
Quelques titres hésitent entre les deux, avec une pulsation qui se compte aussi bien à trois qu’à quatre : ce sont les plus confortables de tous, ils vous laissent changer d’avis en cours de préparation.
Le tempo, ou pourquoi une belle chanson peut être injouable
La vitesse d’un morceau se mesure en battements par minute. Chaque danse a la sienne, à peu près.
Lent
Autour de 80 à 110 battements
Le domaine du slow et de la rumba, et celui de la valse lente quand la mesure est à trois temps. C’est le tempo le plus tendre, et de très loin le plus facile à tenir quand on n’a jamais dansé.
Moyen
Autour de 120 à 130 battements
Celui du tcha-tcha. Le morceau avance, on a envie de bouger les épaules, et pourtant on a encore le temps de penser à ses pieds entre deux temps.
Rapide
Au-delà de 140 battements
Le rock, et la valse viennoise qui file vers 180. Spectaculaire, très efficace pour lancer la soirée, mais il faut savoir que la salle vous verra courir un peu.
Vous n’avez pas besoin d’un appareil pour mesurer tout cela : tapez du pied avec la chanson pendant quinze secondes, comptez vos frappes, multipliez par quatre. Vous serez à dix battements près, ce qui suffit largement.
Et si vous êtes entre deux, ne tranchez pas seuls : la même chanson peut se danser de deux façons très différentes selon ce que vous voulez qu’elle raconte.
Faut-il raccourcir votre chanson ?
Beaucoup de titres durent trois minutes et demie. Écoutés dans la voiture, ils passent en un souffle. Debout au milieu d’une piste, avec cent personnes autour et les téléphones levés, ce n’est plus tout à fait la même durée : les dernières mesures peuvent devenir très longues, y compris pour ceux qui regardent.
Rien ne vous oblige à tout danser. Une ouverture de bal d’une minute et demie ou deux minutes est parfaitement légitime, et il vaut mieux une danse un peu courte que tout le monde regarde jusqu’au bout qu’une danse complète pendant laquelle la salle recommence à parler.
Dans l’autre sens, il y a une longueur au-delà de laquelle une ouverture de bal devient longue pour tout le monde, et elle tombe autour de quatre minutes. La seule exception, c’est le medley. Quand la danse change en cours de route, l’attention repart à zéro et on peut monter jusqu’à sept minutes sans que personne ne regarde sa montre.
Si vous coupez, deux précautions valent d’être prises. La coupe doit tomber sur une fin de phrase musicale, jamais au milieu d’un couplet : l’oreille l’entend immédiatement. Et le fichier raccourci doit partir chez votre DJ ou votre traiteur bien avant le jour J, en gardant précieusement l’original de côté. C’est exactement le morceau sur lequel nous travaillerons en cours, celui-là et pas un autre.
Trois familles, pour vous situer
Des titres connus, à commencer par ceux que nos couples choisissent le plus souvent, pour vous donner une idée de ce que votre chanson permet.
À trois temps
La Valse d’Amélie de Yann Tiersen, Longtemps d’Amir, Can’t Help Falling in Love d’Elvis Presley, La Bohème de Charles Aznavour.
Une valse lente, tournante et élégante, qui se voit du fond de la salle et à laquelle une robe longue va merveilleusement bien.
À quatre temps, tendres
Georgia on My Mind de Ray Charles, La Vie en rose d’Édith Piaf, Thinking Out Loud d’Ed Sheeran, Ne me quitte pas de Jacques Brel.
Un slow ou une rumba : on reste face à face, on se déplace peu, et l’émotion fait le reste. C’est le choix des pistes petites et des mariés émus.
À quatre temps, enjouées
Rock Around the Clock de Bill Haley, Je veux de Zaz, Emmenez-moi de Charles Aznavour, Valerie de Mark Ronson et Amy Winehouse.
Un tcha-tcha entraînant ou un rock’n’roll endiablé. Deux ou trois passes bien placées, et vos invités sont debout avant la fin du morceau.
Et si votre chanson ne se danse pas ?
Cela arrive, et ce n’est jamais grave. Certains morceaux changent de rythme en cours de route, d’autres n’ont pas de pulsation régulière du tout, d’autres encore sont magnifiques et parfaitement impossibles à danser à deux. Vous avez alors trois portes de sortie, et aucune ne vous demande de renoncer à votre titre.
La première : chercher une autre version. Les chansons très connues ont souvent été reprises en bossa, en valse ou en swing, et il suffit parfois d’un enregistrement différent pour que tout devienne dansable. La deuxième : garder votre chanson pour l’entrée sur la piste, le temps de quelques pas simples, et enchaîner sur un second morceau qui, lui, ouvrira vraiment le bal. La troisième : assumer une danse très libre, portée par deux ou trois figures que nous mettrons au point ensemble, sans chercher à coller à un rythme qui n’existe pas.
Une fois la musique arrêtée, il reste à choisir ce que vous allez danser dessus, et nous en parlerons dès votre premier cours.
Apportez-nous votre chanson : écrivez-nous et nous l’écouterons ensemble avant votre premier cours.
Préparer notre ouverture de bal