Des mariés se tiennent par la main le jour de leur mariage

La danse père-fille


Trois minutes, une main sur une épaule, et toute une vie qui repasse. C’est souvent le moment de la soirée où la salle se tait pour de bon.

Un homme en costume et une jeune femme en robe de mariée dansent un slow devant les invités assis

La danse père-fille se prépare comme l’ouverture de bal des mariés, avec une différence de taille : le père et la fille n’ont presque jamais dansé ensemble. Et le plus souvent, le père n’a jamais dansé du tout.

C’est pour cela qu’on ne la travaille pas comme les autres. Ni technique, ni chorégraphie : l’important est que personne n’ait à compter ses pas dans sa tête pendant que l’autre a les yeux qui brillent.


D’où vient cette danse ?

Cette danse vient des mariages anglo-saxons. Le père conduit sa fille jusqu’à l’autel, puis il la fait danser une dernière fois avant de la confier.

Elle est arrivée en France assez récemment, en même temps que le lancer de bouquet et le discours du témoin. Ce n’est donc pas une tradition française, et vous ne manquez à rien en ne la faisant pas.

C’est une belle idée qu’on emprunte quand elle nous ressemble, et qu’on laisse passer sans remords quand elle ne nous ressemble pas.


À quel moment de la soirée ?

Le plus souvent, elle vient juste après l’ouverture de bal des mariés, avant que la piste s’ouvre à tout le monde. La salle est encore assise et l’attention est entière. L’ordre se comprend tout seul : les mariés d’abord, la famille ensuite, les invités enfin.

Certains DJ proposent l’inverse. Le père et la fille entrent en premier, juste avant les mariés : la mariée arrive sur la piste au bras de son père, comme elle est arrivée à l’église, et l’ouverture de bal enchaîne dans la foulée. Faites-le annoncer au micro. Une salle qui attend les mariés et voit arriver quelqu’un d’autre met deux ou trois secondes à comprendre, et ces secondes-là se voient.

D’autres familles la gardent pour plus tard, quand les enfants sont partis et que la piste s’est vidée. C’est plus intime, mais aussi plus fragile : après minuit, la salle n’écoute plus de la même façon.

Dans tous les cas, donnez le déroulé exact à votre DJ ou à votre traiteur : qui danse, sur quel morceau, et dans quel ordre. Annoncée à la bonne seconde, la danse fait se retourner toute la salle d’un seul mouvement. Annoncée trop tard, c’est un père qui traverse la piste pendant que les gens se resservent.

Une piste de danse vide au milieu des tables dressées, les invités assis tout autour

Quelle musique, et quelle danse ?

C’est un slow dans presque tous les cas, et le slow est lent, il se danse face à face et il ne demande aucun déplacement : il laisse toute la place à ce qui se passe entre vous deux. Si la chanson se compte à trois temps, une valse lente très simple fait aussi très bien l’affaire.

Choisissez le morceau à deux, et pas seule : c’est déjà une façon de préparer ce moment ensemble. Une chanson que votre père écoutait quand vous étiez petite vaut mieux que le titre qui passe partout cette année-là. Une chanson française vaut souvent mieux qu’une autre, tout simplement parce que les invités comprennent les paroles en même temps que vous. Pour le tempo et la durée, tout ce que nous avons écrit sur la musique de votre ouverture de bal vaut ici mot pour mot.

Méfiez-vous des chansons trop chargées. Un titre lié à un souvenir douloureux, ou à quelqu’un qui n’est plus là, peut vous couper les jambes au premier refrain devant cent personnes. L’émotion, on la veut. Celle qui empêche de finir la danse, un peu moins.

Enfin, raccourcissez le morceau sans hésiter. Deux minutes suffisent. Les mêmes pas sur quatre minutes deviennent une épreuve d’endurance pour quelqu’un qui n’a pas dansé depuis son propre mariage. C’est votre DJ qui fait la coupe, en deux minutes de travail. Nous, nous travaillons sur le fichier tel que vous nous l’apportez.


Des chansons pour vous situer

En français

Mistral gagnant de Renaud, Ma fille de Serge Reggiani, La Tendresse de Bourvil.

La salle comprend les paroles en même temps que vous, et le moment ne se joue plus seulement entre vous deux. C’est aussi le meilleur moyen de retomber sur une chanson qu’il écoutait quand vous étiez petite.

Les classiques anglo-saxons

My Girl des Temptations, The Way You Look Tonight de Frank Sinatra, Isn’t She Lovely de Stevie Wonder.

Ce sont les plus joués sur cette danse, et ce n’est pas un hasard : ils sont lents sans être tristes, et personne dans la salle ne se demande ce qu’on écoute.

Pour la bascule qui décoiffe

September d’Earth, Wind & Fire, Twist and Shout des Beatles, Uptown Funk de Mark Ronson et Bruno Mars.

Si vous tentez le coup des deux morceaux, c’est ici que se trouve le second. Trois secondes de silence, la salle qui ne comprend pas, et le père qui part sur autre chose.

Une seule chose compte vraiment dans ce choix, et elle n’est écrite nulle part ci-dessus : prenez le titre qui vous fait quelque chose à tous les deux. Une chanson qu’aucun invité ne connaît, mais que vous chantiez dans la voiture il y a vingt ans, vaudra toujours mieux que le plus beau des classiques.


Préparer un père qui ne danse pas

C’est le cas le plus fréquent, et sans doute le plus attachant. Il vous dira qu’il n’a pas besoin de cours, qu’il se débrouillera le jour venu et qu’il n’a jamais rien compris à tout cela. Puis, si vous insistez un peu, il viendra. Il apprendra à tenir ses bras, deux pas et une petite figure, et il repartira en disant que finalement, ce n’était pas si compliqué.

En cours, nous travaillerons trois choses, pas une de plus :

  • une tenue de bras qui donne une direction claire, pour que vous n’ayez jamais à deviner ce qu’il veut faire
  • un pas de base assez solide pour tenir même quand la salle applaudit
  • un début et une fin propres, parce que c’est exactement ce que les invités photographient

Deux détails à ne pas négliger. Venez au cours avec les chaussures du jour J, les siennes comme les vôtres : une semelle neuve qui colle au parquet ou un talon inhabituel changent tout, et il vaut mieux le découvrir en cours que devant la salle. Et pensez qu’il portera peut-être une veste et un gilet ce soir-là, ce qui ne laisse pas les mêmes bras qu’en chemise.

Deux cours suffisent le plus souvent. Vous pouvez d’ailleurs venir ensemble, la mariée et son père, sur le même cours que celui de l’ouverture de bal. Prenez date tôt : juin et juillet sont nos mois les plus denses, et c’est rarement lui qui pensera à s’y prendre à l’avance.

Reste l’obstacle qui explique, à lui seul, que cette danse se prépare si peu. La démonstration est le plus souvent une surprise pour la salle, et parfois pour le père lui-même. Difficile, dans ces conditions, de le faire venir en cours sans vendre la mèche. Si vous tenez à l’effet de surprise, mettez au moins votre père dans la confidence. C’est la seule façon qu’il arrive détendu ce soir-là, et les invités, eux, n’y verront que du feu.

Francis guide une élève en position de danse pendant un cours particulier

Faut-il une chorégraphie ?

Non, dans la grande majorité des cas. Un pas de base tenu proprement pendant deux minutes, avec un tour bien placé et une fin travaillée, produit exactement l’effet que vous cherchez. Les vidéos qui circulent donnent l’impression du contraire, mais ce sont les rares qui ont été filmées et partagées, pas celles que les familles vivent.

Reste l’idée qui revient toujours : commencer sur un slow très sage, puis basculer d’un coup sur un morceau qui décoiffe, pour la tête des invités. C’est un vrai plaisir. Il faut simplement savoir ce que cela demande : une deuxième chanson choisie, un montage entre les deux que votre DJ prépare, quelques pas de plus, et surtout un père qui a envie de jouer le jeu.

Si l’envie est là, dites-le nous dès le premier cours : cela se prépare depuis le début, pas à la fin. Sinon, la version sage reste la plus émouvante des deux, et de loin. Le choix de la danse elle-même obéit d’ailleurs aux mêmes questions que pour les mariés.


Et la danse mère-fils ?

Elle existe, et elle se prépare exactement de la même façon. Elle se place le plus souvent dans la foulée, sur le morceau suivant ou en enchaînant sur le même.

Certaines familles font les deux danses, d’autres une seule. D’autres encore invitent tout le monde à rejoindre la piste au bout de trente secondes, pour que personne ne reste seul au milieu.

Cette dernière solution est la plus commode quand la salle est petite : le père et la fille commencent, la mère et le fils les rejoignent, puis les couples de la famille, et la piste se remplit sans qu’on ait rien eu à annoncer.


Quand la famille ne rentre pas dans le modèle

Peu de familles ressemblent au dessin des magazines de mariage, et il n’y a rien à excuser dans la vôtre. Un père et un beau-père, un parent qui n’est plus là, un parent qui ne tient plus debout très longtemps : tout cela s’aménage, et personne ne comptera les danses à votre place.

Quelques arrangements simples :

  • le père et le beau-père se partagent le morceau, l’un sur le premier couplet, l’autre sur le second
  • un grand-père, un frère, un parrain, ou l’ami qui a tenu ce rôle-là toute une vie
  • une danse assise, tout près du fauteuil : deux mains et un balancement, cela se prépare aussi
  • pas de danse du tout, mais une chanson qu’on écoute ensemble, sans bouger

Dites-nous avant le premier cours qui danse avec qui, et ce qui est possible pour cette personne-là. C’est à nous de nous adapter, jamais l’inverse.

Une danse père-fille assise, un homme âgé tenant les deux mains d’une jeune femme en robe blanche penchée vers lui

Vous pouvez nous consulter dès à présent, avec votre père ou sans lui, il ne saura rien avant. À bientôt !

Préparer notre danse père-fille